Par Laurent Julienne, associé.

Dans un environnement économique en constante évolution, l’intrapreneuriat émerge comme un levier d’innovation pour les groupes. S’il ouvre des opportunités et favorise la croissance, le projet d’intrapreneuriat soulève toutefois des défis majeurs, notamment en matière de compréhension mutuelle entre la direction du groupe et les porteurs de l’initiative. Comment, dès lors, harmoniser ces relations ?

Un cadre clair pour une collaboration fluide

Avant de mener un projet d’intraprise, la direction du groupe ainsi que les porteurs du projet doivent garder à l’esprit qu’il s’agit d’une démarche spécifique. L’intraprise, parce qu’elle utilise les ressources humaines, matérielles et financières du groupe, tout en adoptant des règles de fonctionnement plus agiles, dispose de sa propre culture, de son propre rythme et de sa propre temporalité. Une singularité qui peut être mal comprise et générer des tensions. D’où l’importance d’établir dès le départ un cadre clair, afin de garantir une collaboration fluide, compréhensible et équilibrée.

Un outil pédagogique et structurant

Pour répondre à ces enjeux, la mise en place d’une Charte d’Intrapreneuriat constitue un outil pédagogique et structurant. L’objectif : bâtir un référentiel commun pour fixer les principes essentiels de l’intrapreneuriat et structurer les relations entre l’intraprise et le groupe incubateur.

La charte se compose de trois axes clés :

1. Pédagogie et parcours : Présenter de manière pédagogique les principes de l’intrapreneuriat, expliciter le parcours depuis l’idéation jusqu’au déploiement et sensibiliser les parties prenantes aux aspects positifs de cette approche innovante.
2. Transfert progressif des porteurs de projet vers l’intraprise : Formaliser les règles de détachement des collaborateurs, permettant une sortie progressive des porteurs de projet de leur équipe ou département d’origine, tout en allégeant leur charge de travail initiale.
3. Gouvernance : Clarifier l’autonomie de la gouvernance de l’intraprise par rapport à celle du groupe, fixer les attentes et les objectifs et rappeler les règles de collaboration et d’assistance.

La Charte d’Intrapreneuriat ne se substitue pas au soutien indispensable des sponsors situés aux plus hauts niveaux hiérarchiques du groupe. Elle apporte néanmoins un éclairage précieux en clarifiant les enjeux de l’intrapreneuriat pour l’ensemble de l’organisation. Véritable outil pédagogique, elle garantit un niveau d’information homogène à l’ensemble des parties prenantes. Elle permet notamment de rappeler que l’échec fait partie intégrante du processus d’apprentissage et qu’il est important d’accepter le temps nécessaire au développement des intraprises, condition sine qua non pour maximiser les chances de réussite du projet.

En définitive, la Charte d’Intrapreneuriat constitue un trait d’union déterminant pour favoriser une collaboration harmonieuse entre une intraprise et son groupe incubateur, tout en encourageant l’innovation et l’exploration de nouveaux horizons.

 

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